Messages les plus consultés

Aigle : MaDame nature

Dans sa campagne Aigletine crée en 2009, actuellement à nouveau visible dans la presse, la marque de  prêt à porter outdoor Aigle tente de "botter" tout particulièrement les femmes.



Sur fond studio, des jambes de femme chaussées de bottes en plastique. 
Dans l'un des visuels, de la boue macule des jambes jusqu'à mi-cuisse pour dessiner des bas. 
Sur l'autre, des brins d'herbe constellent des jambes de femme jusqu'à leur donner un côté masculin, poilu.
L'accroche en revanche reste celle utilisée depuis quelques saisons par la marque : "pour la réintroduction de l'homme dans la nature".


Si cette campagne reste en adéquation avec les positionnements précédents de la marque qui se veut proche de la nature, elle semble tout de même marquer un tournant dans la communication d'Aigle.


Au commencement ...


Tout commence en 1853, lorsqu'un américain Hiram Hutchinson s'installe à Montargis pour chausser de caoutchouc les ouvriers et les paysans. Il crée "la Compagnie du Caoutchouc" qui produit à grande échelle des chaussures, des bottes et des vêtements de pluie. Il dépose la marque "A l'Aigle" en hommage à l'aigle emblème de l'Amérique.


De succès en victoires, la marque met au point la célèbre botte bleue aux deux bandes blanches en 1972 avec Marc Pajot pour les JO de Munich.
En 1973, Aigle invente les bottes "l'Ecuyer" qui deviendront les bottes d'équitation les plus vendues au monde.


Dans les années 80, la France découvre le jogging et l'aérobic et des marques telles que Nike ou Adidas deviennent les leaders sur ce marché. Face à cette concurrence, Aigle se recentre sur son territoire, la mer et la campagne, pour créer une lignes de textiles et de chaussures jouant la carte de la protection de la nature. Ainsi à la fin des années 80, la marque se lance dans la chaussures de randonnée et lance la première collection "country".


Quand la Nature prend ses droits...


A  la fin des années 90, la France développe sa conscience écologique et la marque outdoor devient tendance. Les parkas à écusson brodé "1853" s'affiche un peu partout dans les lycées, dans le métro, au travail. La marque, plus que centenaire, devient peu à peu cool et branchée. Elle surfe sur ce succès inattendu et se lance dans une nouvelle campagne de communication : "la nature vous aime en Aigle" pour faire vibrer la fibre écologique désormais présente en chaque personne. Aigle cherche notamment à attirer les jeunes en alliant authenticité et humour à travers une série de visuels décalés : une autruche fourrant sa tête dans une chaussures de randonnées, une scène de sexe entre un lapin et une chaussure ou encore un kangourou en veste safari.


En 2007, sous l'égide de son nouveau directeur artistique Gideon Day, ancien styliste de Paul Smith, Aigle signe pour une nouvelle campagne de communication qui s'appuie sur l'expertise nature de la marque et milite pour la "réintroduction de l'homme dans la nature". Une série de très beaux visuels voit le jour : des hommes et des femmes évoluant le plus naturellement possible dans des paysages à couper le souffle. 




En 2010, Aigle signe un nouveau chapitre de la "réintroduction de l'homme dans la nature" avec la campagne "At home in nature" ou comment la nature redevient le milieu naturel de l'homme.
Dans cette nouvelle série de visuels, la marque reste fidèle à son territoire, à ses valeurs et à une certaine vision de la nature sauvage, magnifique et apprivoisée.




Mais où est passée Dame Nature ?

Dans la campagne Aigletine, qui ressort en ce moment, Aigle passe de la nature sauvage au bitume et choisit de mettre en scène non sans humour une "modeuse" portant des "boues" nylon ou arborant une pilosité "boyfriend".
Aigle utilise le langage de la presse féminine comme pour inviter les jeunes citadines férues de mode à emprunter les sentiers nature menant à la marque bien connue.
Ainsi les bottes Aigle se positionnent clairement en accessoires fashion et tentent une sortie de sentier.
Le discours s'éloigne de la nature sauvage pour se centrer sur la mode. 
L'objectif ? "Botter" les femmes pour développer une clientèle qui reste pour le moment majoritairement masculine.